Bookmark and Share 

Aurores boréales/Arsaniit

Du mois d’août au mois de mars, alors que le Nord est plongé dans l’obscurité pendant de longues heures, le Nunavik est souvent la scène de fabuleux spectacles des aurores boréales. Appelées arsaniit en inuktitut, les aurores boréales décrivent dans l’immensité du ciel nocturne de grands arcs ondulés verts, parfois pourpres et violacés. Leurs rayons verticaux tourbillonnent, comme si un vent doux faisait voler un drap géant accroché au firmament. Dans les moments les plus intenses, les aurores boréales semblent même tomber vers le sol.

D’un point de vue scientifique, ce phénomène naturel serait causé par des électrons énergétiques qui se heurtent à l’atmosphère terrestre à très grande vitesse. Transportés par le vent solaire, un grand nombre d’électrons et de protons provenant d’éruptions solaires sont dirigés par les champs magnétiques de la Terre vers la face obscure de la planète avant d’être attirés dans l’ionosphère, où ils s’entrechoquent avec des atomes d’oxygène et d’azote et passent à un état excité. Pendant que les atomes redeviennent stables, ils émettent un rayonnement, qui nous apparaît vert, pourpre et violet, sur plusieurs centaines de kilomètres dans le ciel nocturne.

Certains récits et mythes inuits accordent un rôle mystique aux aurores boréales. Pour dissuader les enfants de jouer dehors trop tard, les aînés leur disent souvent que les arsaniit peuvent disparaître complètement du firmament en emportant avec elles les enfants qui traînent. On dit aussi que les aurores boréales sont les esprits du ciel qui jouent dans les ténèbres de l’hiver et que si l’on siffle très fort, on peut les faire danser encore plus furieusement. Vous n’en croyez rien? Venez donc siffler un petit air dans la nuit hivernale du Nunavik!

D’un point de vue inuit

« Autrefois, dit-on, les aurores boréales étaient l’objet d’une grande frayeur. Quand il y avait de grandes aurores boréales qui ne cessaient de traverser le ciel et qui ne pouvaient rester derrière eux, les voyageurs en traîneau qui se déplaçaient la nuit coupaient une oreille à leurs chiens. En faisant saigner l’oreille, ils en faisaient une protection contre les attaques à venir. S’ils n’accomplissaient pas ce geste, les Inuits qui voyageaient en traîneau la nuit seraient décapités par les aurores. »

Extrait de la Mitiarjuk’s Inuit Encyclopedia, rédigée à la demande de Bernard Saladin d’Anglure par Mitiarjuk Nappaaluk, Kangiqsujuaq.

Toutes les photos qui apparaissent sur cette page sont gracieusement fournies par Gilles Boutin