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Ressources fauniques

Des ressources fauniques en abondance

Mammifères marins

Depuis toujours, les mammifères marins jouent un rôle essentiel dans la vie des Inuits. Non seulement constituent-ils une source de nourriture considérable, mais la peau, l’ivoire et les os de ces animaux servaient traditionnellement à fabriquer des outils, à confectionner des vêtements, de même qu’à construire des abris et des bateaux. Le gras, quant à lui, servait d’huile de chauffage.

Le majestueux ours blanc (nanuk) est un symbole de l’Arctique que les Inuits considèrent également comme un mammifère marin. Mis à part les chasseurs inuits et les épaulards, l’ours blanc a très peu d’ennemis. Traditionnellement, la quête et la capture d’un premier ours blanc constituaient, pour un jeune Inuit, le passage à l’âge adulte.

Les Inuits font une grande utilisation de la faune qu’ils chassent. Par exemple, ils continuent encore aujourd’hui à faire vieillir le gras de phoque pour le manger en tant que condiment (misiraq). Autrefois, les Inuits transformaient le gras de phoque en huile de chauffage, une source essentielle de chaleur et de lumière durant les longues et froides nuits d’hiver. En outre, la peau de phoque est encore aujourd’hui très recherchée pour confectionner des bottes, des mitaines et autres vêtements chauds et résistants à l’eau. Traditionnellement, la peau de phoque servait aussi à fabriquer des avataq (bouées utilisées pour la chasse aux mammifères marins) et des puurtaaq (sacs servant à entreposer de la viande et de l’huile).

En outre, les Inuits utilisaient autrefois la peau de morse pour construire des bateaux, des abris et divers accessoires. Les artistes inuits sculptent l’ivoire des défenses de morse pour en faire notamment des bijoux.

Enfin, tout comme les phoques et les morses, les bélugas constituent principalement une source de nourriture pour les Inuits. Non seulement la viande est-elle mangée séchée (nikku), surgelée ou cuite, mais la peau épaisse de l’animal constitue un pur délice (mattaq), riche en vitamine C. Les Inuit se servent encore de la viande et du gras de béluga pour préparer de l’igunaq et du misiraq. Ils se servaient traditionnellement de la peau du béluga pour confectionner des bottes et des fouets pour les chiens de traîneau, ainsi que pour couvrir leurs bateaux.

Bœufs musqués

L’histoire des bœufs musqués au Nunavik remonte à août 1967. Quinze jeunes bœufs musqués, capturés dans les environs d’Eureka sur l’île d’Ellesmere, ont alors été transportés sur une ferme expérimentale située au Vieux-Chimo (Kuujjuatuqaaq), à quelques kilomètres en aval du village actuel de Kuujjuaq. On espérait alors que l’animal en captivité pouvait être domestiqué, afin d’insuffler un dynamisme nouveau au développement socioéconomique. On comptait sur la laine (qiviut) douce et fine du bœuf musqué pour faire des vêtements chauds, très utiles pendant les hivers froids et rigoureux, et sur la viande de l’animal qui aurait pu être intégrée au régime alimentaire des Inuits pendant les périodes où le caribou se serait fait rare. Bien que l’expérience socioéconomique n’ait pas produit les résultats escomptés, l’introduction du bœuf musqué dans la toundra du Nunavik a été un grand succès.

Au Nunavik, on a d’abord relâché trois veaux dans la nature en 1973, près de Tasiujaq. Au moment où la ferme expérimentale du Vieux-Chimo a cessé toute activité au mois d’août 1983, 52 bêtes au total avaient été relâchées à divers endroits de la région. Le nouvel environnement dans lequel ils se sont retrouvés a semblé très bien leur convenir et ils ont commencé à se reproduire avec succès dans la nature. On estime aujourd’hui la population de bœufs musqués du Nunavik à plus de 2 000 têtes, répartie dans toute la région. Toutefois, comme leur situation demeure précaire, la chasse du bœuf musqué est réglementée par un système de quotas, mais les visiteurs peuvent les photographier à loisir.

Les bœufs musqués, appelés umimmaq en inuktitut (les barbus), sont l’une des plus anciennes espèces de mammifères encore présentes sur terre. Il y a environ un million d’années, les ancêtres de ces bovidés parcouraient les steppes du nord de l’Asie aux côtés des mammouths. Il y a plus de 90 000 ans, ils ont traversé le détroit de Béring entre la Sibérie et l’Alaska et ont peuplé l’Amérique du Nord. On a trouvé des fossiles de cet animal à plusieurs endroits au Canada et aux États-Unis, notamment en Saskatchewan, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

Caribous

Des centaines de milliers de caribous sillonnent les contrées sauvages du Nunavik. Depuis des siècles, la vie de bon nombre d’Inuits est étroitement liée aux caribous et à leurs migrations, notamment pour des raisons de subsistance. Par exemple, avant que les Eurocanadiens n’importent au Nord leur mode de vie moderne au XXe siècle, les Inuits utilisaient la peau de cet animal pour confectionner des vêtements tels que des qulittaq (des parkas particulièrement appréciés en raison de la propriété isolante de la fourrure de caribou). Ils utilisaient aussi les tendons séchés des caribous comme fil à coudre.

Oiseaux

Le Nunavik est un territoire immense où le printemps s’installe d’abord au sud de la région pour se terminer, trois mois plus tard, dans sa partie la plus septentrionale. La toundra, les forêts et les plans d’eau commencent à renaître vers la fin de mars dans les environs de Kuujjuarapik. Toutefois, le printemps ne vient ranimer la nature des communautés d’Ivujivik, de Salluit, de Kangiqsujuaq et de Quaqtaq qu’au début de juin.

 L’arrivée du printemps coïncide avec le retour au Nunavik de grands et de petits oiseaux migrateurs. Les bernaches du Canada (nirliq) et les eiders (mitiq), pour ne nommer que deux espèces de sauvagine, arrivent parmi les premiers et construisent leur nid sur les îles au large des côtes, puis attendent l’éclosion de leur couvée. Selon l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, plus de 125 espèces d’oiseaux vivraient au cœur de l’été dans les forêts du sud du Nunavik et jusqu’à 50 espèces nicheraient dans la péninsule d’Ungava, au nord de la limite des arbres.

Le Nunavik abrite aussi des populations de plusieurs oiseaux de proie, emblèmes des régions nordiques. On y trouve notamment le faucon pèlerin (kiggavik) et le faucon gerfaut (kiggaviarjuk), ainsi que la buse pattue (qinnuajuaq).

Parmi les quelques espèces d’oiseaux qui résident toute l’année au Nunavik, il importe de mentionner le harfang des neiges (ukpik) et l’une de ses proies favorites, le lagopède (aqiggiq). Ces espèces se sont adaptées au climat arctique. Leurs pattes peuvent être recouvertes de plumes et la coloration de leur plumage change selon les saisons.